Programme > Vendredi 26 mars

Vendredi matin : Transition: mot valise, rêve éveillé ou opportunité ?

Le passage d’un régime d’équilibre énergétique fondé sur l’utilisation de ressources fossiles – transformées et distribuées selon des modalités centralisée – à un régime censé répondre aux enjeux naissant des problématiques climatiques – en recourant massivement aux énergies renouvelables – ne conduit-il pas inéluctablement à fragiliser les fondements politiques, économiques, sociaux et anthropologiques de la société ?

  • 9h15 : Accueil

  •  9h30 - 10h : Marie Christine Zelem (Visio) Professeur de sociologie, Université de Toulouse & Frederick Lemarchand, Professeur de sociologie, Université de Caen

L’énergie, une question politique  ?

  •  10h10 - 10h40 : Michelle Dobré : Professeur de sociologie, chercheur au CERREV. Ex chargé de mission à l’Institut français de l’environnement

Rouler à l’eau : une anthropologie sociologique du rêve d’hydrogène

 A partir de l’examen des retranscriptions des matériaux de terrain recueillis durant la recherche Tethys (groupes, rencontres, interviews, ateliers) nous allons parcourir les représentations de la transition par l’hydrogène et le rêve d’une sortie imaginaire de la pénurie énergétique.

  • 10h50 - 11h20 : Dominique PECAUD (visio) : Professeur de sociologie, Ecole polytechique de l'université de Nantes, Centre François-Viète d'Epistémologie et d'Histoire des Sciences et des Techniques

L'acceptabilité sociale : une nouvelle machine célibataire

À partir de deux expériences de recherche ayant pour objet l’implantation et l'usage d’énergies dites nouvelles, nous évaluerons les modes et les effets d’une acceptabilité sociale définie comme activité ou comme résultat conditionnant la réussite des projets concernés. A partir de ces recherches, nous nous interrogerons sur la transformation à bas bruit d’une acceptabilité sociale considérée un temps comme moyen de sécuriser politiquement un projet, à une acceptabilité sociale comme fin et illustrant l'extension d'une rationalisation de la vie sociale.

  •  11h30 - 12h30 : François Jarrige & Jean-Baptiste Fressoz (Table Ronde)

 La « transition énergétique » entre dénis et promesses : perspectives historiques

 Jean-Baptiste Fressoz,(EHESS-CNRS) La « transition énergétique » : essai de généalogie

La « transition énergétique » a vu le jour le 18 avril 1977 à la Maison blanche, sous les spotlight des chaines de télévision. Alors que le souvenir du choc pétrolier de 1973 commençait à s’estomper, le président Jimmy Carter entendait rappeler aux Américains la nécessité impérieuse d’opérer une « transition énergétique ». Si la nature de celle-ci demeurait ambiguë, une chose néanmoins semblait évidente au président des USA : il s’agissait d’une « nouvelle transition », d’une étape supplémentaire dans une histoire marquée par deux transitions, l’une du bois au charbon, la seconde du charbon au pétrole. Après cette date des rapports sur la « transition énergétique » surgissent aux quatre coins de la planète en l’investissant de sens très différents. Nous verrons en particulier comment le discours de la transition fut immédiatement utilisé par les firmes pétrolières confrontées à la question du CO2 : comme le prouve l’histoire, il serait contreproductif de prendre des mesures contraignantes puisque le système génèrerait de lui-même des transitions. La transition énergétique fut une des formes les plus subtiles car la plus consensuelle du déni climatique dans laquelle l’histoire de l’énergie, ou plutôt une certaine forme d’histoire de l’énergie, a joué un rôle important.

 François Jarrige (UB-UMR-LiR3S), Retour sur quelques promesses technologiques aux temps des crises énergétiques

Si la "transition énergétique" comme récit et projet a accompagné le déni climatique, elle a aussi modelé une multitude de promesses technologiques censées palier les limites et les risques du modèle énergétique dominant. Depuis le milieu du XIXe siècle , les sociétés industrialisées n’ont cessé d’annoncer des solutions techniques miraculeuses qui devaient résoudre les impasses sociales et matérielles de leurs dépendances énergétiques, tout en cadrant les débats et les manières d'envisager les relations entre société, environnement et énergie. Cette célébration de l'innovation quasi miraculeuse accompagne et soutien l'imaginaire des "transitions", associée au marché l'innovation doit en effet rendre inutile toute transformation fondamentale des modes de vie et toute mesure réellement contraignante en promouvant "la" solution technique.

 

Vendredi après-midi : Droit et démocratie à l'épreuve de la transition

 Le déploiement de l'hydrogène et la territorialisation de l'énergie mettent à l'épreuve les fondements juridiques et l'organisation politique des sociétés. Tout autant qu'une question portant sur les techniques et leurs usages, la transition ne doit-elle pas également s'incarner sur le plan du droit et trouver des voies permettant de légitimer la participation des citoyens ?

14h - 15h : Laure Abramowitch (Avocate, Legiplanet, chercheur associé CREDESPO univ. de Bourgogne) & Emilie Gaillard

Transition et équilibre des droits

"L'homme a un droit fondamental à la liberté, à l'égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations présentes et futures". Cet article 1er de la déclaration de Stockholm de juin 1972 a reçu un écho inégal dans les droits nationaux. En France, la charte constitutionnelle de l'environnement garantit des droits et des devoirs tant à l'égard des institutions que des citoyens.

Quelle articulation des impératifs de droit à un environnement sain des générations présentes et futures avec ceux d'accès et d'adaptation du service public de l'énergie, notamment au prisme du développement de la filière hydrogène?

  • 15h15 - 16h : Michalis Lianos, Professeur, Université de Rouen-Normandie.

"La participation démocratique au défi du leadership"

En matière de transition, approfondir la participation directe et substantielle de la société élargie pose de fait la question de la place du leadership dans les secteurs privé et public. Existe-t-il un mode de leadership suffisamment inclusif pour satisfaire à l'exigence participative croissante ?

  •  16h15 - 17h : conclusion / Frederick Lemarchand

Voyage au pays de l'utopie énergétique

La transition bas-carbone - attendue - de notre modèle énergétique, qui tarde à démarrer, se heurte à de nombreuses difficultés systémiques qui semble en compromettre jusqu'à la possibilité. Nous devrons d'abord, pour la première fois dans l'histoire des techniques, abandonner un modèle (énergétique) efficient et perfectionné.. mais incompatible avec le contrôle du climat. Plus largement, le PIB étant lié à l'énergie, donc au carbone à plus de 80%, il faudra transformer toute la société, des modes de production aux modes de consommation. Quid alors de l'hypothèse d'une "troisième révolution industrielle" imaginée par Jeremy Rifkin, basés sur les technologies de l'information et de la communication ? C'est que les ressources (métaux rares, cuivre, acier, énergies) nécessaire à sa réalisation commencent à manquer. Y-a-t-il alors une troisième hypothèse pour une "transition heureuse" qui ne signe pas l'effondrement brutal et douloureux des sociétés thermo-industrielles et capitalistes ?

17h10 : conclusion/ Visite des ateliers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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